Les architectes du chaos
Nous voilà donc pris au piège.
Ce qui se passe aux USA depuis un mois accapare une grande partie de notre attention (pour peu que l'on s'intéresse à l'actualité). Difficile d'échapper à l'avalanche de nouvelles provoquée par Trump et Musk et, bien que l'on sache que cela fait partie d'une stratégie consciente d'occupation de l'espace médiatique, on se fait prendre au jeu. Ces deux personnages sont extrêmement habiles pour attirer la lumière à eux, c'est d'ailleurs en grande partie ce qui les motive, il me semble.
Mais pour le coup, ce qui se joue outre-Atlantique mérite vraiment notre attention, car cela aura des conséquences d'une manière ou d'une autre sur nos vies d'Européens. C'est pour cela que j'y ai déjà consacré 4 épisodes :
https://www.sismique.fr/post/trump-president-et-maintenant
https://www.sismique.fr/post/141-trump-sous-influence-russe-antoine-vitkine
https://www.sismique.fr/post/la-nouvelle-ère-de-la-puissance-brutale-pause
et le dernier intitulé les architectes du chaos : https://www.sismique.fr/post/amerique2025-lesarchitectesduchaos dont je partage plus bas la transcription.
Je voudrais revenir brièvement sur ce dernier épisode et aborder le sujet de la vérité et de l'opinion.
Cette analyse que j'ai mise en ligne sur YouTube a attiré beaucoup de supporters de Trump dans les commentaires. Je m’y attendais. Mais malgré tout, confronté à ce grand nombre de remarques insultantes, à cette agressivité et à cette mauvaise foi, j’ai décidé de ne plus autoriser les commentaires. Pour tout vous dire, cela m’a affecté. Je me suis senti démuni face à cela. Je les ai finalement autorisés à nouveau et m’efforce de répondre (nb : je supprime les commentaires insultants).
Mais cela me fait tout de même réfléchir à nouveau à ce à quoi nous sommes collectivement confrontés et dont j'ai déjà longuement parlé dans ma série sur la connaissance : une perte totale de repères quant à ce qui est vrai ou non.
Comment convaincre une personne qui n'a pas les mêmes sources que moi ?
Il ne s'agit pas ici d'opinion, mais bien de confrontation au réel.
Ce réel loin de nous, invisible, qui ne peut se manifester autrement que via des tiers (lanceurs d'alerte, journalistes, enquêteurs, témoins directs...), des personnes en qui nous décidons d'avoir confiance, ou non.
Lorsque je travaille sur un épisode d'analyse, je ne peux faire autrement que m'appuyer sur des sources auxquelles j'accorde du crédit et qui sont disponibles en ligne (sources que j'ai partagées sur le site, comme The Economist, The New York Times, The Washington Post, Atlantico, Wikipedia, ou encore des auteurs, chercheurs ou documents officiels). Comme 99,99% des gens, je ne fais pas d'enquête terrain.
Qui a raison ?
Pour être honnête, c'est toute la limite de mon travail. Je ne peux pas vous garantir que ces sources que je cite ne se trompent pas. Et c'est bien pour cela que je vous invite toujours à penser par vous-mêmes et à ne pas oublier que je ne détiens pas la vérité absolue (si jamais vous en doutiez…).
Néanmoins, il me semble que toutes les sources ne se valent pas. Un de mes critères pour disqualifier un tiers est la mauvaise foi ou le fait d'avoir été pris en flagrant délit de mensonge ou de malhonnêteté à plusieurs reprises. Un autre serait une tendance à refuser la contradiction, à affirmer des choses sans preuve. Un autre encore est un comportement agressif ou une tendance à la paranoïa.
Trump clairement ne passe pas le test. Musk non plus, de moins en moins.
Mais le problème est que nombre de nos dirigeants non plus, et il faut le reconnaître.
C'est là un autre point de confusion lié à mon épisode : expliquer les motivations de Trump & co, exprimer mes craintes quant à leurs intentions, ce n'est pas nier les problèmes liés au fonctionnement du système tel qu'il est aujourd'hui. Douter de la stratégie proposée par le RN pour redresser la France, par exemple, ce n'est pas dire que ce qu'ont fait les gouvernements qui se sont succédé depuis des années était du bon travail, ni se ranger du côté de la gauche, de la droite ou du statu quo.
Comme je l'ai déjà dit, la montée des extrêmes est rendue possible aussi par les manquements de ceux qui tiennent les rênes du pouvoir. Un seul exemple : Biden qui gracie son fils et toute sa famille juste avant de quitter la présidence. Comment encore lui accorder du crédit lorsqu’il parle d’abus de pouvoir ? Chez nous, Macron qui ne tient pas parole sur un grand nombre de sujets, la révolte des gilets jaunes écrasée puis méprisée, les ministres mis en examens et condamnés, un ancien président portant un bracelet électronique, et des politiques sans résultat concrets pour une grande partie du peuple, etc. Tous ces manquements, que je ne vais pas m'amuser à lister ici, nourrissent un ras-le-bol général qui fait les affaires de ceux qui promettent de faire le ménage, des solutions simples et radicales. Et certains media évidemment attisent les braises et sèment encore plus de confusion.
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