Les architectes du chaos... suite
Mes derniers épisodes sur les 'architectes du chaos' ont rencontré un succès inattendu. Jamais mon contenu n'avait été autant partagé et discuté. Sismique s'est même hissé dans le top 20 des podcasts les plus écoutés de France (selon Apple) - merci à vous si vous avez contribué à cette diffusion.
Ce succès témoigne avant tout d'une préoccupation largement partagée face aux enjeux actuels. Mon analyse du projet et de l'influence de Peter Thiel (dont je partage la transcription ci-dessous) a, comme je m'y attendais, suscité également de nombreuses réactions négatives sur YouTube. J'avais pourtant, dès l'introduction, évoqué les commentaires sous l'épisode précédent en rappelant que je ne faisais qu'un travail de curation et de synthèse, sans prétendre détenir la vérité. Mais cela ne suffit évidemment pas.
Je comprends la colère d'une partie de la population face aux insuffisances des démocraties actuelles (que certains considèrent déjà comme des simulacres), face à une UE incomprise et source de méfiance, face à ce qu'on appelle parfois 'l'état profond' - cette machine qui perdure indépendamment des résultats électoraux - face aux doutes concernant Biden, Obama, Clinton, l'USAID ou l'establishment en général. Entre les scandales, les hypocrisies, l'opacité, le sentiment d'impuissance et le déclassement réel d'une partie de la population, la colère est compréhensible.
Par ailleurs, comme je l'avais déjà évoqué, je constate un fossé entre ma version de la réalité, celle empruntée à mes sources de confiance (citées sur la page de l'épisode), et celle de ceux qui s'informent différemment : via les discours de Trump, de Poutine, d'Aberkane, de Sud Radio, de CNews.
On me reproche alors ma partialité, mon manque de nuance, ma vision binaire. On affirme que je ne comprends rien (j'ai une réponse toute prête à cette remarque...), que je suis malhonnête, voire payé par Soros (qui semble décidément être l'ennemi idéal pour cette audience).
J'admets volontiers avoir pu commettre des erreurs d'analyse. J'admets ne pas avoir tout vu. J'admets aussi n'avoir peut-être pas suffisamment abordé tous ces manquements qui éloignent tant de gens de l'idée que la démocratie serait menacée (puisqu'elle serait déjà corrompue). Mais je maintiens, comme je le dis en introduction de mon épisode, que Trump et ses alliés ne sont pas la solution à ces problèmes. Qu'un milliardaire menteur ne fait pas la révolution pour le peuple...
Peine perdue. C'est ma réalité contre la leur. Il n'y a plus de place pour l'écoute, pour le dialogue, pour la vérité. C'est ce que je décrivais dans mon dernier épisode sur la connaissance.
Face à cela, nous sommes démunis. Comme l'écrivait Zweig (je vous renvoie à l'épisode sur Le Monde d'Hier) :
Peu à peu, il devient impossible d'échanger avec quiconque une parole raisonnable. Les plus pacifiques, les plus débonnaires étaient enivrés par les vapeurs de sang. Des amis que j'avais toujours connus comme des individualistes déterminés s'étaient transformés du jour au lendemain en patriotes fanatiques. Toutes les conversations se terminaient par de grossières accusations. Il ne restait dès lors qu'une chose à faire : se replier sur soi-même et se taire aussi longtemps que durerait la fièvre.'
Je vais poursuivre mes recherches sur ce qu'en disent les philosophes et tous ceux qui ont étudié la question de la montée des autoritarismes dans l'histoire, tout en gardant à l'esprit que les outils modernes d'information et la technologie changent évidemment considérablement la donne. Je suis preneur de vos suggestions."
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